Le 25 mars 2019
Volume 37, Numéro 3
St-Jean-Vianney 40 ans

St-Jean-Vianney 40 ans

Torrent de boue
torrent de larmes
immense trou
dans mon âme.

Souvenirs qui s'estompent
dans la pénombre,
images fugaces
qui me harassent.

Murs qui se brisent,
terre qui gronde et qui avale,
cris qui déchirent la nuit,
souffles qui s'arrêtent.

St-Jean-Vianney se meurt,
son ventre est béant;
mon village a peur
pour ses enfants.

Les jours s'écoulent comme
de la vase et enlisent dans la souffrance les survivants.

Insécurité, angoisse et peine
briseront les derniers espoirs.
S'enclenchera alors le «grand dérangement».

Comme un  corps meurtri
qui se vide de son sang,
mon village s'est éteint
de tous ses habitants.

40 ans plus tard
la nature a repris ses droits.
Ne restent que quelques traces
de ce paradis perdu.

Mais dans la diaspora
de tous ces cœurs en exil du 4 mai 1971,
survivants et descendants,
St-Jean-Vianney existe toujours.
Et pour peu que restent chaudes les braises du souvenir,
il ne mourra jamais.

À vous tous chers disparus
d'alors et d'après,
à tous ceux qui savent
ou qui veulent savoir,
à tous ceux qui partagent
mon sentiment d'appartenance,
avec «cette terre ingrate et somptueuse»,

        j'honore votre            mémoire,
        je salue votre            courage,
        je me sens fort        d'être avec vous.
        Vous êtes «le sel        de la terre».

Amitié, Denys Claveau