Le 25 mars 2019
Volume 37, Numéro 3
50ieme anniversaire de vie sacerdotale de l'abbé Clément Girard
Saviez-vous Que...

50ieme anniversaire de vie sacerdotale de l'abbé Clément Girard

 

Chers lecteurs, je ferai pause de rire ce mois-ci pour vous amener, le temps de quelques battements de cœur, sur les chemins de la reconnaissance. 
 
En effet, le 6 avril dernier, nous avons eu la joie de souligner et de fêter le 50ième anniversaire de vie sacerdotale de l'abbé Clément Girard. Vicaire pendant une vingtaine d'années puis notre curé pendant 15 ans, il aura marqué notre paroisse par son humanité, sa fidélité et son dévouement.
 
Voici la partie écrite de l'éloge qui lui fut rendu.
 
 
Ce soir la reconnaissance s'exprime
dans tous les sourires ici aperçus;
sa lumière s'infiltre discrètement en notre esprit
et fait son nid dans nos mots qu'elle illumine.
 
Très cher abbé Clément,
 
comme un chemin de mémoire
dans le vaste pays de nos vies,
nos anniversaires nous entraînent
au fond de nous.
S'y trouvent blottis
nos souffrances et nos joies,
nos problèmes et nos choix,
nos doutes et notre foi.
Y rayonnent aussi,
belles et colorées,
toutes ces lumières allumées
et qui, chez vous,
caractérisent votre belle âme.
 
 
 
À l'ombre des cheminées de la compagnie Price, travaillait votre père Eugène, le 27 août 1933, vous quittiez donc ce sanctuaire incomparable du ventre de votre mère, Clara Bergeron, pour atterrir, le septième, dans la famille des Girard. À cette communauté singulière, votre première et primordiale église, s'ajouteront 10 autres enfants, 17 donc au total (4 filles et 13 garçons).
 
Central dans ce tourbillon incessant des écorchures, des ventres vides, et de l'extraordinaire lourdeur du quotidien dans la légèreté de l'enfance, vous avez vous adapter aux plus vieux et accueillir, aider, aimer les plus jeunes avec cet humble entêtement au bien qui vous animait déjà
 
Ni la grande crise économique, ni la guerre n'auront altéré votre joie de vivre, votre esprit espiègle et votre sens de l'humour. Après une adolescence de découvertes, de doute, d'études, de questionne-ment, et une pause scolaire de cinq ans, vous vous lanciez, plus déterminé que jamais, dans des études classiques, puis théologiques qui vous mèneront à la prêtrise. On dit que vous avez été la dernière ordination de Mgr Georges Melançon, en 1963, celui-là même qui m'avait administré un soufflet lors de ma confirmation quelques années auparavant. Ce choix de Dieu, au cœur de votre vie, résultait d'une profonde réflexion, d'un appel aussi puissant qu'inattendu, et aussi je présume de l'incomparable et si riche expérience de vie au sein de votre famille, cet alphabet primordial qui sait si bien nous définir.
 
Vous aviez déjà compris que "pour composer votre bonheur, il fallait y faire entrer celui des autres". (Ségur) Suivront, ininterrompues, comme un chapelet qu'on égrène, les obédiences de vicariat dominical à Chicoutimi, Ste-Croix, Alma, puis à St-Jean-Vianney et Saint-Léonard il nous a été si facile de vous aimer
 
Nous avons vite compris que vous étiez aube et midi, que vous portiez l'aube, symbole de l'humilité, la discrétion, le don de soi, mais que votre personnalité, votre sourire, votre énergie, eux étaient de plein midi: éclairants, chaleureux, rayonnants. 
 
Pendant tout ce temps (soit 22 ans), notre ami Clément enseignera, au séminaire Marie-Reine-du-Clergé de St-Jérôme, le français, le latin, la religion, la philosophie et sera directeur de pastorale. Passion pour la jeunesse, amour du verbe et toujours l'humeur à l'humour seront vos leitmotivs. Petit malcommode dans votre enfance, taquin avec vos frères et sœurs, vous avez toujours su garder ce côté bon enfant et rieur qui vous rend si attachant. Au séminaire on vous surnommait affectueusement Colombo, celui qui solutionnait toujours les énigmes et avait un flair puissant pour découvrir les pots-aux-roses. Pour vous, "méditer était sûrement un verbe réfléchi". (M.L.).
 
Puis survient ce changement de cap sans doute brutal pour vous, mais qui fera notre joie à Shipshaw. En effet le 13 septembre 1985, vous deviendrez officiellement notre curé à la paroisse de St-Jean-Vianney où vous hériterez de deux églises. Heureusement l'abbé Ghyslain Dufour, un ami de toujours, vous apportera son aide précieuse. Pendant 15 ans,  jusqu'en septembre 2000, vous serez notre pasteur. Sans être la seule, on peut dire que vous avez été auprès de nous, Shipshois, une forte et déterminante présence de Dieu dans nos vies. Vous avez transcendé votre profession. Normal, vous aviez Dieu avec vous. Mais ne l'avons-nous pas tous? 
 
Je me souviens de votre première homélie qui avait porté sur l'Évangile de la multiplication des pains. Vous faisiez alors référence à votre réponse à l'évêque pour cette nouvelle et grande mission de marcher avec nous sur les routes de la foi, nous invitant par le fait même à mettre nos qualités au service de la communauté. Tout ce temps, j'ai reçu chacune de vos homélies comme un chef-d'œuvre de concision, de profonde réflexion et de fine pédagogie. S'y dégageaient toujours votre regard particulier sur les êtres et la vie, votre étonnement toujours renouvelé de la condition humaine, votre amour de la pensée quand elle s'enveloppe de poésie, votre passion pour le Dieu vivant. 
 
En contrepoids à cette belle et stimulante lucidité, votre voix ronde et grave planait du chœur jusqu'à la nef et nous enveloppait comme un cantique.
 
Vos enseignements auront laissé leur empreinte sur l'argile de nos âmes qui se construisaient. Durant toutes ces années, où votre sagesse se voulait pluie fine sur nos germinations, vous aurez porté le message du Seigneur sur ce fidèle aux 1000 visages, aux âges multiples, plein d'espoir et de rêves, de doutes et d'enthousiasme. Par rapport à ce que vous êtes, par rapport à votre respect de vos ouailles, par rapport à votre vérité profonde et celle de Dieu, vous avez  toujours donné la même homélie. Celle de l'homme qui s'est semé lui-même au fil des ans et qui est devenu selon l'expression de Vigneault : « l'homme-champ de blé ».
 
Le prêtre, c'est l'âme vibrante du troubadour
qui porte les mots jusqu'à la mélodie 
et le poids des mots jusqu'au cœur.
 
Petite pause journalistique.
À Shipshaw, nous avons un journal mensuel qui s'appelle La Vie d'Ici. L'abbé Clément y a écrit 97 articles pour communiquer avec la communauté. C'est un travail spectaculaire. Par contre le journal a écrit quelques articles sur lui dont un qui pourrait vous dérider un peu. (Rf. Vie d'Ici décembre 2012 : « Le bec à l'eau »). (Lecture de l'article)
 
Paul Claudel disait : « Même pour le simple vol d'un papillon, tout le ciel est nécessaire. »