Le 14 décembre 2017
Volume 35, Numéro 10
De Rio à La Baie
Reportage

De Rio à La Baie

La fine fleur de l'élite sportive mondiale, réunie à Rio, aura permis à des milliards de personnes de participer en direct à des exploits hors du commun. Ce qui frappe d'abord, c'est l'enthousiasme de la jeunesse, la beauté des corps sculptés par leur sport, la détermination et la fierté des athlètes à bien représenter leur pays si petit ou si pauvre soit-il. Lors des nombreuses épreuves, force, souplesse, grâce, endurance, esprit d'équipe, honneur auront, tour à tour, amené à des sommets de perfection souvent inégalés , ces jeunes gens hyper talentueux. 

À cause du côté relevé des compétitions et des qualités humaines requises dans les différentes disciplines et compétitions, les règles du jeu font en sorte de déterminer le meilleur parmi les meilleurs à la suite d'un éprouvant processus de sélection. Cet enjeu, on le sait bien, met énormément de pression sur les athlètes, leurs entraîneurs et les organisations olympiques de chaque pays participant. Au final, après des années d'entraînements de plus en plus hâtifs, intenses et sophistiqués, la marge est souvent mince entre la médaille d'or et l'anonymat. Quand le corps atteint son extrême limite dans une discipline donnée, c'est souvent le mental qui fait la différence : concentration extrême, confiance sans faille en ses moyens, détermination enthousiaste et aussi, disons-le, un peu de chance parfois.

Pour le pays hôte, la mise en place des équipements et de la capacité d'accueil implique des années d'efforts intenses et des milliards de dollars d'investissement. Pour les pays participants, on peut certes parler de dizaines et parfois de centaines de millions. C'est cher, mais sans cet extraordinaire « happening » mondial, où les différents conflits géopolitiques sont temporairement sublimés, en partie du moins, le prix à payer serait beaucoup plus grand. D'ailleurs, pendant cet élan où l'esprit sportif, l'entraide et le plus beau dans l'humain sont magnifiés, la guerre faisait toujours tragiquement rage au Moyen Orient, entraînant dans la destruction des pays entiers.

Le but ultime du soutien national à l'élite sportive est d'offrir des modèles qui suscitent dans le peuple le goût de faire du sport pour assurer la relève bien sûr, mais surtout pour amener les gens ordinaires à inclure l'activité physique dans leur régime de vie pour une meilleure santé.

À ce titre, notre région fait figure de modèle puisqu'elle organise les jeux olympiques de l'effort physique populaire en entraînant dans son sillage tout le Québec et même plus à chaque année. Les J.O. ont été relancés en 1896 par Pierre de Coubertin ; les nôtres, par un certain Pierre aussi, mais Lavoie celui-là. À des coûts immensément moins prohibitifs, notre compatriote, Pierre Lavoie, aura atteint toutes les couches de la société et toutes les catégories d'âges par son enthousiasme contagieux, son esprit sportif inspirant, son intensité et sa résistance à l'effort, son humilité et son esprit chevaleresque.

Le grand défi Pierre Lavoie mérite certes la médaille d'or toutes catégories même si le modèle proposé n'implique d'être en compétition qu'avec soi-même. 

Soyons fiers de nos succès