Le 23 octobre 2017
Volume 35, Numéro 8
Esther Jones, se découper une entreprise
Portrait

Esther Jones, se découper une entreprise

 

La Vie d'Ici poursuit sa série de portraits de femmes qui s'illustrent au cœur de la vie shipshoise. En octobre, nous rencontrons l'artiste et entrepreneure Esther Jones. 

On la connait pour ses créations de papier qui allient légèreté, ingéniosité et réalisme. Ses œuvres rappellent la sculpture tant elles apparaissent en trois dimensions. Elle a inventé sa technique et éduqué le public à ses produits. Esther Jones est l'une de ces artistes avant-gardistes qui marquent une région.  

Artiste oui, mais également entrepreneure. Mme Jones rappelle qu'elle a la chance de «tout vendre ce qu'elle produit», et par la force des choses, gagner sa croûte avec sa petite entreprise depuis plus d'une décennie. 

Sa palette de créations va de boules de Noël aux centres de table, mais ce sont surtout ses mobiles aux animaux variés tels que des orignaux ou des saumons qui ont fait sa renommée. 

Esther Jones s'était précédemment fait un nom dans la réalisation de décors pour le théâtre, mais c'est à la suite d'une collaboration avec le Salon du livre de Saguenay, au début des années 2000 que l'engouement pour ses créations s'est déclaré.  En 2014, elle a d'ailleurs reçu le Prix d'excellence du Salon des métiers d'arts. 

En réalité, en se lançant dans la création de figurines en papier en 3D, l'artiste nouvellement shipshoise faisait face à un défi qui s'est rapidement transformé en un sérieux avantage : sa production était bel et bien nouvelle et singulière, mais une fois sa clientèle conquise, sa petite entreprise a pu évoluer sans aucune concurrence à proximité. 

Aller chercher les ressources 

Qu'on apprécie son art ou non, il n'en demeure pas moins que le parcours professionnel d'Esther Jones est, sous bien des aspects, un exemple de ce qu'on pourrait appeler du «défrichage entrepreneurial féminin». Inventer un nouveau type de création, en faire une entreprise, tout en étant mère de famille monoparentale n'est pas donné à tous. Outre un caractère déterminé, on comprend que sa réussite «à sa mesure de femme» comme elle aime le rappeler, est dû aux opportunités qu'elle a dû savoir saisir.

Esther insiste beaucoup sur l'importance de bien s'entourer pour s'accomplir, tant comme artiste que comme femme. Si le milieu artistique est difficile pour tous, Mme Jones explique que les statistiques démontrent que ce sont les femmes qui gagnent le moins bien leur vie. Souvent, les artistes masculins peuvent compter sur l'appui d'une conjointe dans leurs tâches externes et ont ainsi la possibilité de consacrer plus de temps à leur œuvre. 

Puis, comme le talent n'est pas suffisant à lui seul pour assurer le pain quotidien. Il faut savoir se mettre en valeur, intéresser le public à la création et surtout planifier son affaire. C'est dans cette optique que l'artiste s'est inscrite à un cours de soutien au travail autonome, au tournant de sa cinquantaine. «Ça a complètement changé ma vie!», se rappelle-t-elle. Les notions de réseautage et de planification financière jumelées à son bagage d'artiste lui ont permis de jeter les bases de son entreprise, L'échappée de la  culture. 

Shipshaw

Mme Jones a posé ses pénates à Shipshaw tout récemment après avoir fermé les portes de son atelier au centre-ville de Chicoutimi, atelier qui avait fait sa renommée pendant plus d'une décennie. Un choix qui semble judicieux pour cette artiste. 

Mme Jones sera présente avec ses créations au Salon des métiers d'arts de Saguenay, qui se déroulera du 7 au 12 novembre prochain, au centre de congrès Le Montagnais de Chicoutimi. Elle invite également les gens qui souhaitent se procurer ses produits à lui écrire sur sa page Facebook «Esther Jones l'échappée de la culture».