Le 21 octobre 2018
Volume 36, Numéro 8
Réaction de cerveau
Saviez-vous Que...

Réaction de cerveau

Nous méfier de notre cerveau 

Dans la vie quotidienne , parce qu'il a un travail inouï d'observation, d'intégration, de mémorisation, de réaction, d'adaptation à des situations multiples, d'analyse, de gestion physiologique, sensorielle, émotive, rationnelle, notre cerveau, pour se donner une chance, aime bien se fabriquer des automatismes. 

Par exemple l'automatisme, acquis de haute lutte, de la lecture. Cet apprentissage complexe est devenu, pour la plupart d'entre nous, un jeu d'enfant. Nous sommes passés d'une reconnaissance laborieuse et saccadée, lettre par lettre, syllabe par syllabe, mot à mot, à une vision globale de la phrase, pour donner une lecture silencieuse ou à haute voix, très naturelle et qui coule de source. 

Sauf que... Il y a environ 3 ans lors d'un congrès provincial de l'association des médias communautaires auquel j'assistais, un animateur d'atelier demanda un volontaire pour lire correctement une phrase écrite en grosses lettres sur un carton placé en avant du groupe. De ma place, à environ 20 pieds de l'affiche, je pouvais très bien lire la phrase. Je me proposai donc bravement pour la lecture. Voici la phrase: 

"Qui plante la vertu ne doit pas oublier de de l'arroser souvent" 

Animateur: "On a un volontaire. Monsieur........?

-           "Claveau!"

-           Je lis la phrase avec aplomb.

-           "Non, ce n'est pas ce qui est écrit.

            Approchez-vous". 

Je m'approche de quelques pas et relis la phrase.

-           "Non, ce n'est pas ce qui est écrit.

            Approchez-vous encore". 

Comme ma prestation suscitait déjà les rires de l'assemblée, je m'approchai à 5 pieds de la phrase et la relus avec une certaine appréhension. Ce fut à nouveau un échec. 

L'animateur me demanda alors de me coller à la fameuse phrase et de la lire, comme à la petite école, mot par mot en touchant chaque mot avec la main. 

Ce que je fis. J'étais un peu honteux mais toujours convaincu que je n'avais pas fait d'erreur et que l'animateur me niaisait. Puis, l'instant de vérité: dans la phrase il y avait 2 "de" et je n'en avais vu qu'un seul durant toute l'expérience. Mes yeux avaient certainement vu les 2 "de" mais mon cerveau avait rejeté d'emblée l'anomalie pour donner une lecture plus cohérente, plus normale, plus intégrée, plus automatique de la phrase. 

Pour cette expérience, j'avais été le candidat idéal, puisque j'ai dû "boire la coupe jusqu'à la lie" comme on dit. Évidemment on pourrait donner bien des exemples de ce phénomène qui a, par ailleurs, plus d'avantages que d'inconvénients. On a qu'à penser à notre vision binoculaire où le cerveau fait la synthèse de 2 images différentes pour que nous n'en percevions qu'une seule en 3 dimensions. C'est comme si notre cerveau pensait à notre place. 

Évidemment cela peut aussi déboucher sur des situations très cocasses du genre de celles dont je vous ferai part dans ma prochaine chronique, car l'espace qui m'était imparti ce mois-ci commence à faire défaut. 

Vœu:  À ce Noël de mes 70 ans, je nous souhaite de vivre dans la paix, la joie et la fraternité,  chaque seconde du temps si précieux qu'il nous reste. Et ne laissons pas notre cerveau nous dire le contraire.