Le 18 septembre 2018
Volume 36, Numéro 7
Opinion

L'effort récompensé

L'été 2018 tire à sa fin et le début des classes commence à se faire sentir. Bientôt, des milliers d'étudiants vont faire face à une énorme pression : obtenir la note de passage lors de leurs premiers examens. Je me suis donc penchée sur la question suivante: devrait-on laisser passer un étudiant qui obtient la note de 58%? 

La barre du 60% est celle qui permet aux étudiants de passer leurs cours. Un ajustement devrait toutefois être admis dans certaines circonstances. 

« Ensemble des habiletés intellectuelles ou manuelles qui s'acquièrent, et ensemble des qualités morales qui se développent. » 

Cette définition de l'éducation perd tout son sens aujourd'hui. Les étudiants n'ont qu'une seule priorité: obtenir la note de passage. 

 À chaque jour, des milliers d'écoliers passent des heures à mémoriser des informations sans vraiment en comprendre le sens pour ensuite tout recracher sur un papier. Dès la fin de l'examen, on oublie la matière, car, de toute façon, l'évaluation est terminée. Cette chanson se répètera pour chaque évaluation et ce, sans aucune exception. 

C'est simple, les étudiants sont devenus des robots programmés qui ne font qu'apprendre pour pouvoir terminer l'école un jour. Mais ont-ils vraiment compris quelque chose en bout de ligne? 

Les chiffres que représentent les notes sont en train de détruire la beauté de l'éducation. 

Il est donc grand temps de remédier à la situation. Notamment en acceptant l'arrondissement du 58%.  

Une estime affectée

J'ai personnellement fait partie de ces écoliers qui se donnent coeur et âme dans leurs études. Comme plusieurs, les mathématiques étaient ma bête noire. Récupération sur l'heure du midi, cours privés, cours de fin de semaine et j'en passe. Il n'y a rien que je n'ai pas fait pour augmenter mes chances de réussite. 

Échouer un examen de si près, après tous ces efforts, est inconcevable. Hélas, lorsque le mal se produit, les répercussions sont immédiates sur l'élève. 

C'est bien simple, on se dit tout simplement: pourquoi perdre mon temps à étudier si, au final, je n'obtiens pas la note de passage? 

Le sentiment d'échec prend le contrôle de nos émotions et la motivation disparaît. Un étudiant éprouvera donc des difficultés à croire en ses capacités intellectuelles, ce qui viendra nuire à long terme à son éducation. 

Une vérité qui dérange

Au lieu de laisser ces écoliers avec un échec scolaire et un problème de confiance, nous devrions plutôt nous tourner vers d'autres solutions. La directrice générale de la Commission scolaire des Sommets, une commission située en Estrie, abonde dans le même sens. Édith Pelletier affirme que nous devrions mettre en place des mesures de soutien pour ces enfants en difficulté. 

Radio-Canada s'est penchée sur l'interrogation suivante: pourquoi des jeunes échouent-ils dans la même matière pendant plusieurs années?  

La réponse est choquante: « Parce que les mesures d'accompagnements sont souvent absentes ou insuffisantes et qu'elles compliquent l'organisation scolaire, affirme le président du Syndicat de l'enseignement de l'Estrie, Benoît Houle, lors d'une entrevue à Radio-Canada. [...] On ne dira jamais ça aux parents et on ne dira jamais ça aux élèves que c'est pour des problèmes d'organisation scolaire .» 

Les étudiants en difficulté n'ont pas à payer pour la lacune d'aide dans le milieu scolaire. Si l'écolier n'a pas reçu l'aide nécessaire, il est dans ses droits de revendiquer son 2 %. Avec une assistance adéquate, l'étudiant aurait pu comprendre plus de matière et ainsi obtenir la note de passage. 

L'erreur humaine

Au-delà de ces problématiques, l'erreur humaine peut également poser problème en ce qui concerne un résultat académique final. 

Lors de la correction, un enseignant peut oublier de comptabiliser un certain nombre de points. Dès que ladite correction est mal exécutée, l'étudiant se verra pénalisé. Lors d'un examen final, une erreur de la sorte peut être fatale. Imaginez, échouer votre année scolaire, car vous avez obtenu la note de 58 % lors de votre examen final. 

Pourquoi cette note? Avec le stress et le nombre considérable d'évaluations à corriger, votre enseignant a omis de compter certains points.

Une telle injustice ne peut être permise. 

Un arrondissement mérité

Ce fameux 2 % qui permet de faire passer un étudiant de l'échec à la réussite doit cependant être mérité. Les efforts omniprésents et le désir de réussite doivent se faire sentir dans les motivations de l'étudiant en question. La participation en classe, la présence aux cours de rattrapage et les travaux complétés dans les délais requis sont des indices qui vont permettre aux enseignants de déterminer si l'élève se mérite un arrondissement. 

Il est grand temps d'ajouter un peu d'humanité dans ce système mal organisé. Les jeunes n'ont pas à payer pour les différents déficits imposés. C'est le moment de leur donner cette chance de s'accomplir en tant qu'écolier, mais aussi en tant qu'individu.