Le 18 juin 2019
Volume 37, Numéro 6
Une soirée au drags
Opinion

Une soirée au drags

L'autre fois, je suis allé aux drag queens. Je voulais me sortir de ma zone de confort et j'ai réussi. 

En fait, je le faisais avant toute chose pour La Vie d'Ici, dans l'optique d'écrire ce texte. Les drag queens deviennent tranquillement un phénomène de société qui dépasse la communauté LGBTQ+. Les grands médias commencent tranquillement à en parler. Je devais me faire une tête là-dessus. 

Ayant été élevé dans un environnement un peu conservateur, dans l'univers macho soft d'Astérix, ma zone de confort n'inclut tout à fait pas les mouvements liés à la promotion de la diversité de genre et d'orientations sexuelles. Non pas que j'aie quelque chose contre les personnes homosexuelles, trans ou etc. mais personnellement cela me met mal à l'aise. 

Je souhaite de tout coeur que notre société soit assez ouverte pour inclure tous les individus qui la composent avec leurs différences, mais pour ma part, c'est justement la différence qui m'effraie un peu. Rien de rationnel, juste une peur. 

Une vent d'ouverture souffle sur ma génération, et c'est bien ainsi. Pour m'ouvrir un peu l'esprit et essayer de mieux comprendre le phénomène, j'ai décidé de me rendre de bonne foi à une soirée de drag queens qui avait lieu à l'université où j'étudie dans les Cantons-de-l'Est en février. 

J'ai écrit à chaud mes impressions. 

Art 

Je l'avoue, je n'aurais jamais mis les pieds dans une telle soirée si ce n'était pour en écrire un texte par la suite. J'exécutais l'exercice en tant que journaliste ce qui m'obligeait à m'ouvrir l'esprit et m'armer de bonnes intentions. 

D'abord c'est quoi ça un show de drag queen? Comme le nom le laisse penser, c'est essentiellement un spectacle de variétés dans lequel des hommes, généralement issus de la communauté LGBTQ+  revêtent des vêtements féminins. Mais pas que. Il y a également des drag kings, soit des femmes qui font le contraire. 

C'est un art à part entière. La soirée à laquelle j'ai assisté était plutôt amateure même si la foule a semblé apprécier. 

Au delà du simple défilé, une soirée de drag inclut de la danse, du théâtre et parfois du chant (ou du moins du lipsing). 

Une drag queen est un personnage. Un artiste talentueux choisira ses vêtements et la musique en fonction du personnage qu'il souhaite incarner. 

Parfois, ou du moins c'est mon impression, le rôle sera tellement mal interprété que la prestation devient humoristique. 

Une soirée de drag, c'est surtout un espace de liberté tant pour les participants que pour la foule. Les queens ont visiblement du plaisir à bousculer les tabous et à revêtir des vêtements qui leur seraient" interdits" par les normes sociales. Dans l'assistance, la complicité est palpable. 

En généralisant grossièrement, on peut dire qu'il y a deux types de personnes dans la salle. Il y a ceux qui font partie de la communauté LGBTQ+ et ceux qui se considèrent comme des «alliés» et qui assistent en signe de support. 

Par la bande, c'est aussi l'occasion de se conscientiser à d'autres causes. Les animatrices ont profité des pauses entre les performances pour parler du mois de l'histoire des Noirs qui étaient en cours en ce moment. 

S'il y a un élément qui m'a troublé, c'est la facilité que pouvait avoir un homme à "jouer" une femme. 

Ou du moins, à quel point les éléments qui font d'une femme une femme sont stéréotypés. 

Beaucoup de maquillage, une démarche ondulante, les vêtements nécessaires et c'est à s'y méprendre. 

Évidemment, une femme c'est bien plus que tout ça, mais ça force à la réflexion.