Le 16 février 2020
Volume 38, Numéro 2
Des affaires de gars,des affaires de filles
Opinion

Des affaires de gars,des affaires de filles

Il paraît qu'il y a des trucs qui sont plus féminins que masculins. Des petits gestes qu'une femme pose avec plus facilité qu'un homme. 

C'est du moins ce que ma copine estime, après bientôt un an de vie commune avec l'auteur de ces lignes. 

«Lorsque les coussins ne sont pas à leur place sur le lit, toi tu t'en fous, mais moi je le vois tout de suite. Même chose si les rideaux sont fermés dans le jour ou ouverts le soir» qu'elle m'expliquait avant de commencer la rédaction de ma chronique. 

Le plus sérieusement du monde, je tentais de comprendre ce qui fait que des petits gestes simples appartiennent davantage à un sexe qu'à l'autre. 

Non pas que je crois que les tâches quotidiennes devraient être accomplies exclusivement par une femme ou un homme, mais force est de constater que certains gestes sont plus évidents pour ma copine que pour moi. 

Est-ce que l'éducation y joue un grand rôle? Assurément! Mais ce n'est pas si simple… 

J'aime faire la vaisselle, laver les vêtements, cuisiner et plein d'autres tâches qui ont longtemps été la chasse gardée de la gent féminine, qu'elle le veule ou non. 

Pour avoir vu mon père accomplir ces actions le plus naturellement du monde et ma mère s'adonner avec plaisir aux travaux manuels, il m'est difficile d'avoir des préjugés sur qui devrait accomplir qu'elle tâche. 

Mais force est de constater (ou c'est plutôt Ivonne qui me le fait constater) que le cerveau ne fonctionne pas exactement de la même façon. 

Ce n'est parce que la cuisine me semble propre qu'elle l'est. Idem pour la salle de bain. 

Aussi, ce n'est pas parce que le chaos du frigo lui semble organisé que le réfrigérateur me semble en ordre. 

Non pas que je n'aime pas faire de ménage, mais la limite entre une maison ordonnée et une maison bordélique n'est pas si claire dans mon esprit. 

Il y a aussi, à mon sens, une foule de tâches qui incombent normalement aux hommes par tradition, mais qui devraient être unisexe. 

C'est souvent des choses plutôt désagréables auxquelles les hommes se sacrifient par galanterie ou pour des questions d'ego.  

La technologie et un minimum d'inventivité permettent par exemple de changer les pneus d'une voiture sans forcer. En tant que parent, on devrait enseigner aux adolescentes comme aux adolescents à accomplir ces tâches. 

C'est faux de penser qu'une femme a besoin d'un homme pour accomplir des tâches manuelles avec notre technologie actuelle. 

Petits stresses quotidiens

D'avoir un gars dans la lune à la maison, c'est probablement un petit stress quotidien. Elle sait que si l'état d'une pièce ne lui convient pas, ce n'est probablement pas moi ou les filles qui remédieront à la situation en premier. Pas par manque de volonté, mais simplement parce que nous ne sommes pas rapides à le remarquer.

Le cerveau fonctionne différemment lorsque vient le temps de résoudre des problèmes. Là où elle voit des situations complexes, je vois souvent des solutions simples. Ou pas de problème du tout. 

Il faut garder en tête qu'une bonne partie des petits problèmes de quotidien se règlent en allant chez Canadian Tire ou Rona. 

Différents? 

Difficile de trouver des différences vraiment fondamentales entre la façon dont fonctionnent les cerveaux. 

Ma copine soulevait qu'un garçon n'irait jamais, pour la plupart, pour une manucure et qu'ils avaient beaucoup moins tendance à s'attaquer directement entre eux. 

«Oui, mais les centres d'achats sont plein de gars qui se cherchent du beau linge et les salons de barbier font pas mal d'argent. Il y en a pas mal qui y vont pour se faire raser, brosser et mettre de la crème. C'est pas mieux que les ongles et les centres d'achats sont plein d'hommes qui se cherchent» que je lui répondais pas longtemps après m'être fait la barbe parce que mes poils inégaux me gossaient. 

«Ce sont des métrosexuels» tranche-t-elle.

Si les critères de beauté ont longtemps été beaucoup plus stricts pour les femmes, la situation tend à s'équilibrer avec des modèles de beauté masculines tout aussi exigeants. 

La société pèse beaucoup sur ce qu'on demande d'une femme ou d'un homme. Encore une fois, comme l'éducation, la pression sociale est une réalité modulable, qui évolue dans le temps et selon les visions de l'époque. 

Avec de plus en plus de femmes diplômées dans tous les domaines, la volonté d'une majorité de citoyens d'en arriver à une société plus égalitaire et les efforts du mouvement féministe pour souligner les injustices, on peut raisonnablement espérer que la société québécoise deviendra de plus en plus égalitaire. 

Et un jour, on cessera de juger les individus selon leur sexe, mais uniquement sur leurs qualités. 

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Mickael H. Lambert