Le 3 July 2020
Volume 38, Numéro 6
Opinion

Défi 2020

Qu'il peut être difficile de trouver les bons mots, chers lecteurs et amis de La Vie d'Ici. Vous êtes tous si près et si loin en même temps. Loin géographiquement, mais près dans ma tête, dans mes préoccupations et même mon quotidien. La preuve en est cette chronique que j'écris parfois en début de mois tranquillement, parfois en retard dans la nuit comme c'est le cas aujourd'hui. 

Ça brasse à Saguenay à l'heure d'écrire ces lignes. Le budget municipal vient d'être rejeté et ça laisse planer de l'inquiétude pour de nombreux citoyens à gauche et à droite. 

Comme il est de mise à ce temps-ci de l'année, il est de bon droit de s'accorder un trêve pour le temps des Fêtes. 

Des trêves, il s'en signe un peu partout. La tradition du sapin naturel se perd peut être, mais celle de se calmer pendant les deux semaines de célébrations demeurent. Cela fait déjà quelques textes sur ces trêves spontanées que je signe, comme s'il y avait quelque chose. 

J'espère de tout coeur que vous aurez profité des derniers jours au moment où vous lirez ces quelques lignes. Le 1er janvier dernier, nous avons changé de décennie. On retourne dans les années 20! 

C'est du sérieux, cela fait déjà 20 ans que nous avons courageusement survécu au bug de l'an 2000 et les défis à venir ne manquent pas. 

Sauver la planète, favoriser l'égalité des sexes, changer le système économique: de beaux projets qui font paraître futiles des idées telles qu'assurer la paix dans le monde. 

De toutes les fins du monde annoncées, jamais l'urgence climatique n'a mobilisé autant de croyants. Et pour cause, pour la première fois, nous possédons des preuves scientifiques pour valider nos craintes. 

De l'école primaire jusqu'aux soins palliatifs, tout le monde est concerné. Loin des préjugés à la Guy Nantel, les jeunes étudiants sont bien aux faits des dossiers en environnement. On en a eu la preuve dans les derniers mois avec les «vendredis pour le futur», un mouvement mondial qui eut du succès au Québec. 

«On leur enlève leur jeunesse, ils sont supposés être insouciants à cet âge-là» me faisait remarquer une élue de la Montérégie, il y a quelques semaines, alors qu'un groupe d'étudiants du secondaire faisait part de leurs préoccupations environnementales. 

Peut-être. 

Le nouveau luxe des années 20, ce sera l'insouciance. 

Après le droit de vote et le droit de grève, ce que je nous souhaite c'est le droit sacré de s'en foutre. Pas de ne pas être informé, mais le droit de ne pas s'en inquiéter. 

Ceux qui comme moi sont sujet à l'anxiété savent très bien qu'il n'y a pas toujours un lien entre la préoccupation et l'action. On peut très bien agir pour la planète sans devoir en rêver la nuit. 

De s'en moquer également des réseaux sociaux qui empoisonnent nos vies, qui volent nos informations personnelles pour les revoir dans les pawnshops du numérique. Le droit de ne pas se sentir concerné. 

Et le privilège de choisir nos batailles et de choisir les jours où l'on veut se battre. 

Ce que je nous souhaite en 2020, ce sont ces moments de plénitude et de paix.