Le 27 November 2020
Volume 38, Numéro 9
« Pour une poignée de dollars »  (film 1964)
Saviez-vous Que...

« Pour une poignée de dollars » (film 1964)

56 ans après sa sortie, Claire Duchesne et Richard Jean ont décidé de réécrire le scénario de ce western spaghetti. Ce couple bien connu des Shipshois venait d'aménager dans une nouvelle maison toute neuve dans le secteur Arvida. Par contre leur campeur motorisé n'a pas eu ce privilège puisqu'il est stationné en permanence à Roberval au camping Mont Plaisant. Loin des yeux, loin du cœur. Voilà ti pas que ce printemps, Claire, en feuilletant son cellulaire, découvre une roulotte à Sellette (fifth wheel) qui lui tombe littéralement dans l'œil : récente, de toute beauté, 35 pieds, à vendre pas si cher. Cinq minutes plus tard, ayant convaincu Richard, elle passe à l'action et en fait l'acquisition, incluant son transport sur son terrain à Robeval. Paradoxalement Claire n'aime pas être sur la sellette.  

Il y a quelques semaines, notre amie fait un deuxième mouvement et met son campeur motorisé en vente sur « Market Place ». 

Enfourchez votre canasson, ça va aller vite. Après seulement 30 minutes, deux offres d'achat sont entrées. Un rendez-vous est prévu le lendemain avec les 2 prétendants. Mais voilà qu'un homme très enthousiaste de Terrebonne fait monter les enchères dans l'après-midi. Il veut absolument le campeur, verse un acompte de 1000,00$ et dit à Richard qu'il viendra le chercher le lendemain. 

Chose promise, chose faite : le lendemain il se pointe à Roberval comme prévu. Il est accompagné de son fils qui, à peine entré, lance un sac de sport sur la table comme au bon vieux temps des « saloons ». Pourtant il n'avait pas les yeux hagards, ni les cheveux hirsutes, ni le regard torve, ni même la mine patibulaire des méchants des films de Leone. Non il était souriant, presque triomphant. Claire, intriguée, ouvre le sac qui est rempli de billets de 20$ au montant exigé pour la vente, soit plusieurs dizaines de milliers de dollars. Nos hôtes sont sidérés par cet afflux inattendu de billets. Heureusement personne n'était armé dans la roulotte. « Richard barre la porte et ferme les 3 extensions. On sait jamais ». Pour une fois Claire baignait dans le « liquide » sans aller au lac. Il y avait autant de billets qu'après  l'attaque de 3 diligences. 

Encore fallait-il compter tous ces billets pour en constater la teneur. 

Ça faisait « un bon 20 minutes » que Claire était en mode calcul. Elle était rendue à 16 740, 00$ dollars lorsque Richard lui demanda si elle voulait un café. « Oh! Ça serait bon » : Malheureusement cet instant de distraction l'obligea, enragée, à recommencer le décompte à 0 au risque de contracter une usure de doigts prématurée. 

Il faut dire que Claire est habituée de potasser des billets et des monnaies puisqu'elle le fait depuis 1992, à chaque campagne de financement de la Vie d'Ici. L'équipe met toujours un bon 2 heures à faire le compte de tous vos dons. J'ai ici une bonne pensée pour M. Émile Tremblay, alias Ti-Mil, bedeau de St-Cœur-de-Marie, qui dans les années 1950, devait faire le décompte de toutes les petites pièces que les fidèles lançaient dans son plateau à la quête du dimanche. On parle ici de 0.25¢, 0.10¢. 0.05¢, 0.01¢. Rarement voyait-on du papier mais occasionnellement des médailles et même des boutons de culottes. (Évidemment c'était avant les bretelles à pinces et les braillettes à « zipper »). 

Mais revenons à nos moutons.

Ainsi argentés, Claire et Richard purent enfin se sentir richards tous les deux. Encore fallait-il déposer tous ces billets à la banque. Je vous laisse à penser comment ils y furent reçus. D'abord incrédule, la caissière crut à un vol de banque à l'envers. Puis, devant la mine si incroyablement honnête de nos 2 déposants, elle accepta de ne pas appeler la police, mais non sans avoir posé une longue série de questions du genre : comment s'appelait votre grand-mère paternelle? 

Morale de cette histoire pourtant vraie :

l'argent comptant c'est bien 

l'argent  compté c'est mieux. 

Ce qui signifie : pour baigner dans le « liquide », il ne faut pas avoir peur de se mouiller.