Le 24 October 2020
Volume 38, Numéro 8
La gent ailée en 4 épisodes
Saviez-vous Que...

La gent ailée en 4 épisodes

La gent ailée en 4 épisodes

Épisode 1 

Je suis assis au comptoir de la cuisine, affairé à mes lectures. Soudain j'entends un «POK» sourd, un peu feutré mais solide, dans la fenêtre avant. Rolande et moi sursautons. Je pense tout de suite à un oiseau qui a fait une erreur de navigation. Je me précipite dehors et en effet un bel oiseau git sur le dos, sur la galerie. J'assiste, un peu triste, à ses derniers soubresauts de vie et je vais le déposer dans le un sous-bois. Sa méprise: la vitre de la fenêtre reflétait exactement le paysage. Rolande, aussi impuissante que moi me dit alors: «c'est pas chanceux ce genre d'événement». «Surtout pour lui», rajoutai-je un tantinet incrédule.

Épisode 2 

Le lendemain après déjeuner, du salon Rolande me dit qu'elle entend de drôles de bruits. Je vérifie à l'extérieur : rien. --Rolande : «On a peut-être un autre canard dans le poêle à bois en bas». Je me précipite : rien non plus. En revenant au salon, j'entends pour la première fois des petits «toc, toc» mais semblant émaner de l'étage. Je grimpe aux chambres et constate clairement dans la chambre ouest, ce bruit répétitif qui semble venir de l'extérieur. Je descends en vitesse, sors dans la cour arrière et constate qu'un gros pic bois s'en donne à cœur joie sur une de mes planches de recouvrement en cèdre tout en haut de la maison, au 2e étage. Après l'avoir fait fuir, je sors l'échelle pour constater les dégâts. Il y avait un trou d'environ 2 po carrés dans la planche et il avait commencé à «gosser» l'isolant.

Comme faire se doit, je m'empresse de boucher le trou avec du silicone. Assez bizarre. Une première en 41 ans.

Épisode 3 

La même journée, comme mon échelle télescopique est déjà dehors, j'en profite pour monter par l'avant sur mon toit de tôle, grimper sur la lucarne, puis sur le toit de la cuisine et enfin sur le grand toit et redescendre en glissant sur la partie arrière de la maison. Ma gouttière avait perdu un clou et une entremise que je tenais à remplacer avant l'hiver. J'avais mon marteau et un fusil à colle. Une fois le travail fait, j'en profite pour rentrer tous les clous de la gouttière qui se relâchent avec le temps.

À 16 pieds de hauteur, il faut quand même faire attention. Au moment où j'étais presque rendu à l'autre bout avec mes cognements, une grosse mouche noire vient me tourner autour avec insistance. Je tente de l'en dissuader mais rien n'y fait. Soudain s'en rajoute une deuxième, une troisième… jusqu'à cinq. Elles me cernent de plus en plus près et au moment où je me rends compte que ce ne sont pas des mouches mais des guêpes noires, elles passent à l'attaque. Une sur la lèvre supérieure, une sur le coude, une sur un genou, l'autre à la cheville. Je tente de me sauver mais dans l'énervement je glisse sur la tôle. Ça pince de partout. Heureusement après ce raid sans merci, elles disparaissent. Je retrouvai péniblement le chemin de descente en me disant que j'étais chanceux de ne pas être allergique. Mais où était donc leur nid? Sûrement près du toit. En effet il était sous le rebord du toit (corniche) et avait 1 pied par 8 pouces environ. Je le voyais pour la première fois, énorme.

De leur point de vue, j'avais largement mérité mon sort en les énervant à coups de marteau répétitifs.

Épisode 4

Marlène Tremblay de l'équipe du journal est chez elle, après souper et est en mode relaxation après une journée bien remplie. Quoi de mieux pour faire passer le «méchant»  qu'un bon film à la télé. Au programme une réédition du parc Jurassique. Intéressant de regarder un film où les monstres sont aux aguets quand on sait qu'il n'y a aucun problème pour soi-même assis dans un bon fauteuil.

À un moment de haute tension, on voit des gueules immenses s'ouvrir et laisser voir une dentition d'enfer face à un ado mortifié, pétrifié. Soudain un ptérodactyle géant passe en volant au-dessus du tyrannosaure et sauve la mise. C'est alors que Marlène voit passer une ombre juste à côté de sa tête comme une grosse chauve-souris. Sa vision périphérique l'avertit d'un danger imminent dans le salon. Elle sursaute, pousse un cri de panique et se lève d'un seul coup comme propulsée par un ressort puissant. Suite à ce moment de haute tension et de peur, Snoopy se met à japper, le chat à miauler et Athanas, son conjoint, à rire sans retenue. En effet, il était assis derrière Marlène avec son cellulaire et un DRÔNE. Comme c'était un achat récent, il s'était temporairement transformé en pilote d'essai. Une manœuvre involontaire avait propulsé l'appareil vers Marlène qu'il avait frôlée sans préavis, vibrant du bruit très particulier de ses hélices. Le regard que Marlène a envoyé à notre apprenti pilote était bien aussi sombre et dangereux que ceux des grands sauriens du Jurassique. Il y a eu extinction, mais seulement de l'objet volant.

Moral de cette saga : La peur donne des ailes et parfois les coupe.

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